Commencement

Fin d’été. Le blues d’après-film se dissipe. Doucement, le niveau d’énergie remonte. Pour le moment, je n’ai pas trop l’envie de dessiner, mais je lis avec avidité tout ce qui me tombe sous la main : romans, essais, d’ici ou d’ailleurs. J’utilise à plein les services de la BAnQ. Et l’envie d’écrire se pointe, régulièrement.

J’ai dévoré plusieurs essais sur l’écriture de fiction (voir les références plus bas). L’un des conseils d’écriture qui revient le plus souvent est d’une simplicité déconcertante : s’y mettre, immédiatement. Écrire dès maintenant, sans plus attendre. Parce que c’est en écrivant que se révèle l’intrigue, les personnages, la structure idéale d’une histoire et même l’intention d’un texte de fiction. Pour plusieurs auteurs émérites, l’inspiration est un mythe dommageable. Lire la suite

Ressac

Quatre années durant, j’ai focalisé toutes mes énergies vers l’atteinte d’un seul objectif : terminer ce DEC en dessin animé. Je suis exigeant avec moi-même et j’ai tendance à mettre tous mes œufs dans le même panier. J’ai obtenu d’excellents résultats, terminé mon film qui a même remporté une bourse. La pandémie a fait tomber tous les rituels de passage et du jour au lendemain… tout était fini. Je me retrouve devant un grand vide sans trop m’y être préparé. Je me sens lessivé, amoché. Me rendre jusque là en solitaire m’a demandé tellement d’efforts que je n’avais pas envisagé la suite. Des questions existentielles s’élèvent devant moi. J’ai complété ces cours en me disant que ce bagage me serait utile en bande dessinée. Est-ce le chemin que je veux emprunter ? J’ai pensé que dessiner pour gagner ma vie me suffirait. Est-ce le cas ? Je n’en suis pas sûr.

J’avais prévu de prendre quelques semaines de recul. Je sais que je dois laisser la poussière retomber. Accepter ce moment de flottement. Mais je ne suis pas doué pour le repos. Je me suis remis à courir avec plus de sérieux. Et à lire, avec plus de liberté. Dans l’espoir que des voies mûrissent avec l’été.

Je lis en ce moment La dramaturgie, d’Yves Lavandier. Dans une longue entrevue, la cinéaste d’animation, Diane Obomsawin avait mentionné ce titre qui traite de scénarisation. C’est un ouvrage bien structuré, clair et particulièrement généreux. Ce que j’ai trouvé de mieux jusqu’ici sur le sujet. Yves Lavandier s’inspire autant de La poétique d’Aristote que des maîtres du cinéma hollywoodien. Il puise ces exemples dans les chefs d’œuvres de la littérature universelle, la bande dessinée et les séries télé. Et souligne à maintes reprises l’importance de la structure dans un récit. Je réalise que les principes du design : unité, contraste, rythme et dominance, sont tout aussi pertinents en scénarisation qu’en conception visuelle !

Scène du film North by Northwest (1959)
Scène du film d’Alfred Hitchcock, North by Northwest (1959), un scénario diablement efficace qu’Yves Lavandier cite en exemple. © MGM
La dramaturgie, l'art du récit, couverture
Feuilleter ce livre.

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Yves Lavandier, La dramaturgie, l’art du récit
Les Impressions Nouvelles, 2019