Art postal · Le lièvre d’Amérique

Gringalet aux yeux d’or, il a bien peu de points communs avec les lapins des livres d’enfants. J’ai grandi à la campagne et ses apparitions fugaces me fascinaient. C’est un animal fébrile, constamment aux aguets, un expert de la feinte et de la fuite. Sa vie sera brève et il ne l’oublie jamais. Voici le lièvre d’Amérique. Graphite et aquarelle, décembre 2022.Lièvre d'Amérique

Art postal · Le cardinal

cardinal rougeJ’ai un faible pour le cardinal rouge (Cardinalis cardinalis). Pour son plumage bien sûr, le mâle a l’éclat d’un fruit mûr même en plein cœur de l’hiver. Mais aussi pour son chant triomphant, en été. Le chant peut parfois évoquer un système d’alarme et ces oiseaux sont très matinaux. Je soupçonne qu’il leur arrive de confondre la lueur de l’aube et celle d’un réverbère. C’est peut-être ce chant tonitruant qui lui permet de prospérer malgré la cacophonie des grandes villes. Je suis prêt à passer l’éponge sur quelques nuits écourtées, pour pouvoir jouir de sa beauté. Avec les changements climatiques et les hivers de plus en plus doux, son territoire s’est élargi. Et l’espèce qu’on ne voyait, il y a quelques décennies, qu’aux États-Unis est maintenant bien établie dans le sud du Québec.

Chant du cardinal rouge, enregistré par Barry Edmonston, à Cape Cod, en 2019 (CC) XC483878

Art postal · Saint-Sévère


Pour cette œuvre de mon projet d’art postal, j’ai été inspiré par ces vaches qui ont pris la clé des champs, à Saint-Sévère en Mauricie.1 J’ai suivi cette histoire avec fascination. Des vaches qui renoncent au confort de l’étable pour vivre et élever leurs veaux en liberté, ce n’est pas banal. C’est comme un aperçu de ce que pourrait être l’avenir si l’être humain choisissait de sortir de cette logique extractiviste qui est en train de détruire notre monde au nom du confort et de l’avidité des plus riches. Pour l’année qui vient, je nous souhaite de ruer dans les brancards et d’affronter nous aussi le vent, le froid et la nuit noire pour y retrouver notre liberté et peut-être notre humanité. Dans un billet du Guardian,2 Annabel Streets énumère les avantages à sortir marcher sous la pluie, le vent ou la neige. Braver les éléments nous rend plus vivants. (Graphite et aquarelle, décembre 2022)

 

vaches en cavales
Les vaches en cavale de Saint-Sévère, photo Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Pour en savoir plus

🔗 1. Le délicieux premier article du Nouvelliste sur le sujet  : Un troupeau de vaches en cavale fait des ravages, Sébastien Houle
🔗 2. Les bienfaits de prendre le clos par mauvais temps (en anglais) : Bad weather is good for you, Annabel Streets
🔗 Du théâtre documentaire sur l’industrie laitière au Québec : Run de lait, Justin Laramée, Somme toute, 2022

Art postal, de la lumière pour décembre

Comme les branches des arbres en novembre, nos boîtes aux lettres sont désertées. On n’y trouve plus que des publicités. Et parfois quelques factures. Que du désagréable. Pourtant, la joie d’y trouver une lettre ou une carte est toujours intacte lorsque cet événement se produit. Il y a quelque chose de magique à toucher de ses doigts ce papier qui a voyagé par la poste. Ces moments sont devenus si rares. Pour que mon blogue s’incarne dans la réalité, j’ai eu l’idée d’envoyer des dessins à la rencontre de lectrice et de lecteur par la voie postale. Alors que les jours raccourcissent, le papier peut encore être porteur de lumière.

François-Xavier Giroux,
Le beau François-Xavier Giroux, facteur, en habit d’automne, 1894. Tiré des archives de la BAnQ, colorisé avec Photoshop.

Si vous souhaitez faire partie de l’aventure, faites-moi parvenir votre adresse complète en utilisant le formulaire de contact de mon blogue. L’idée étant que les personnes qui reçoivent une œuvre d’art postal la postent à leur tour à un ami, un parent, une connaissance. Si elles préfèrent la conserver, elles peuvent envoyer une nouvelle œuvre créée de leur main par la poste (dessin, poésie, collage, tricot, etc.). Ce sera une vague d’œuvre personnelle qui court sur les ailes du service postal. Comme une chaîne de lettre, mais sans la menace d’une malédiction pour ceux qui rompent la chaîne.

Je mettrai mes dessins à la poste dans les premières semaines de décembre. Je publierai ici des images des œuvres envoyées une fois qu’elles auront été reçues par leurs destinataires, de façon à préserver la surprise.

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Pour en apprendre davantage sur l’art postal :

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MAJ, 20 novembre 2022 : mon temps étant limité, je n’accepte plus de nouveaux participants. Si l’idée vous inspire, n’hésitez pas à vous lancer ! Si vous le souhaitez, envoyez-moi des photographies de vos œuvres, je les publierai ici.

MAJ, 7 décembre 2022 : les envois ont été postés !

De bédéesque à pictural

J’ai mis de côté mes fusains avec une certaine appréhension. C’est le médium avec lequel je suis le plus à l’aise dans un atelier de modèles vivants, mais je voulais m’essayer à l’aquarelle. Je me suis donc lancé dans l’inconnu. Naturellement, mes premiers essais sont influencés par mes habitudes de dessin animé. Les lignes sont solides et fermées, les couleurs en aplats. Ces premiers essais ont en commun une allure « bédéesque ». Bien qu’efficaces, je les trouve un peu figés.

Graphite, aquarelle, juin 2022

J’ai donc cherché le moyen d’aller vers plus de liberté. J’ai diminué le poids des lignes en passant, par exemple d’un crayon 6B à HB. J’ai cessé de rechercher la solidité du trait et j’ai laissé tomber la fermeture des lignes. La contrainte du temps, inhérente aux modèles vivants, m’a poussé à prendre pris plus de risques. J’ai laissé l’eau et les pigments interagir. Et par moment, les résultats m’ont étonné, agréablement. L’aquarelle retrouvait sa vie propre et insufflait cette vie au dessin. Celui-ci se rapprochait de la peinture. Je veux continuer à apprivoiser ce lâcher-prise lors des prochains ateliers. Lire la suite

Le grand héron

Grand Héron (Ardea herodias)
Grand Héron (Ardea herodias), graphite, aquarelle, septembre 2022

Le grand héron (Ardea herodias) est un oiseau qui m’a toujours fasciné par la dignité de sa démarche et par l’envergure de ses ailes lorsqu’il s’envole. En un instant, il peut se fondre dans le paysage en devenant immobile. J’ai eu la chance d’observer des héronnières sur les îles du Pot du fleuve Saint-Laurent, au large de Rivière-du-Loup. Les grands hérons réutilisent chaque année le nid qu’ils bâtissent dans les arbres, le plus souvent sur une île, à l’abri des prédateurs. Lire la suite