Biomécanique du fauve

anatomie du félin
Veterinary Anatomical Illustration, University of Wisconsin

L’heure est venue de trouver des références qui serviront à solidifier l’animation. Pour les êtres humains, c’est simple, il suffit de trouver des volontaires et de les filmer. Pour les animaux, c’est plus complexe. La banque vidéo de la BBC sur Getty Images est bien utile. Mais je cherchais depuis longtemps des images d’un félin vu du dessus. Et puis Émilie m’a envoyé cette vidéo :

Crédit : Paween Sarachan et Arthurnal

Pour débuter avec le cycle de marche d’un félin, ce cours d’Aaron Blaise vaut assurément le prix d’achat : How to Animate a Four Legged Walk Cycle ! D’autres références dans la section Apprendre de ce blogue.

Klaus : Incandescent

Lorsqu’au début des années 2000, les studios Disney délaissent le dessin animé pour se tourner vers l’animation 3D, plusieurs annoncent la mort de l’animation traditionnelle. Après les succès de Pixar (Toy Story et Cie), le 3D s’accapare le territoire du cinéma d’animation américain. Le dessin animé est relégué à la télévision et aux productions médiocres. Encore aujourd’hui, quand je parle de mes études en dessin animé, on me regarde avec perplexité : « Tu fais de la 3D, non ? »

tiré de la bande annonce de Klaus

C’est donc en nageant à contre-courant que Sergio Pablos, animateur de renom, s’est lancé dans la réalisation d’un long métrage entièrement dessiné par des humains. Sergio Pablos ne cherchait pas à revenir à l’âge d’or de l’animation, mais à pousser le dessin animé au-delà des limites de l’animation 3D. Pour illustrer ce qu’il avait en tête et vendre le projet, il a réalisé la bande-annonce que voici en 2015. Depuis, tout le milieu de l’animation attendait avec fébrilité la sortie du film. C’est finalement grâce à Netflix que le projet s’est concrétisé, juste à temps pour les Fêtes 2019… Et les attentes n’ont pas été déçues.

Prouesse technique et chef d’œuvre de direction artistique, Klaus est un film européen taillé pour les marchés américains. Original, maîtrisé et visuellement magnifique. Faites-vous plaisir, allez voir Klaus!

Préproduction

J’aperçois enfin la fin de session qui se dessine à l’horizon. Je rêve d’avoir deux jours de congé collés, lové dans mon divan. (MAJ : ça se concrétisera le 21, 22 et 23 décembre!)

couverture du recueil de modèles
Couverture du recueil de modèles, sur laquelle j’ai passé trop de temps…

La fin de cette session correspondra à la fin de la préproduction. Ces dernières semaines seront intenses. Je dois terminer le recueil de modèles qui permettrait à une équipe fictive de terminer le film sans moi, en cas de décès, produire une première version des décors à la ligne de tous les plans (la mise en place/lay-out), planifier le timing de toute l’animation (les feuilles d’exposition ou xsheet) bâtir et documenter la maquette des effets spéciaux pour deux plans. Je dresse des listes et j’essaie d’avancer un pas à la fois, sans trop regarder la montagne qui s’élève devant moi. Lire la suite

Soir d’orage à Budapest

Réalisée pour le cours d’effets spéciaux, la scène se déroule dans une chambre de Budapest avec vue sur le Danube et le parlement hongrois. Ces 14 secondes ont demandé beaucoup de travail. Je suis particulièrement fier de la petite buée dans le bas de la vitre, du tremblement de la caméra au coup de tonnerre et de la tapisserie inspirée des motifs de la culture magyare. J’aime fignoler les détails que personne ne remarquera : j’avais pensé mettre les titres au dos des livres, dans la bibliothèque, mais c’était trop petit…

La scène a été colorée sur Photoshop avec des textures à l’aquarelle et animée sur Harmony. Ce projet marque la fin d’une étape. Dans quelques semaines, la préproduction de mon film de finissant sera complétée et la production se mettra en branle. Pendant le congé des Fêtes, je dois travailler à temps plein sur la colorisation des décors et une première version de l’animation des 12 scènes.

Orage à Budapest

Fauve

Nous en sommes à l’étape de la préproduction : finaliser le design des personnages et des décors, tester l’animatique devant différents publics et… retourner encore à la table à dessin. Je dois réaliser de front toutes les étapes que se partagent habituellement plusieurs équipes. Par moment, j’ai un peu le vertige et je me concentre sur l’étape devant moi pour ne pas voir la montagne de travail qu’il me reste à faire.


La panthère schématisée (les pattes raccourcies lui donnent la silhouette d’un gros chat) pour le recueil de modèles (personnages, décors, accessoires, couleurs) que je suis en train de monter.

Boy & the World, la rébellion de l’imagination

C’est mon professeur de lay-out qui m’en a parlé le premier. Il croit que j’erre quelque part entre le réalisme et la stylisation (qu’il appelle l’allégorie). Pour lui le film Boy & the World (O Menino e o Mundo) est l’exemple parfait d’une stylisation à la fois extrême et parfaitement réussie. Le soir même, je regardais une entrevue d’Ed Hooks, homme de théâtre et auteur d’Acting for animation. Il citait lui aussi Boy & the World comme un exemple, mais cette fois-ci du jeu d’acteur des personnages. Il fallait que je voie ce film.

Visuellement, le film est un enchantement. Le réalisateur brésilien Alé Abreu a choisi d’utiliser au maximum les textures de la peinture, du papier, des crayons à colorier. Le personnage principal est un enfant de sept ans, simplifié à l’extrême, mais extraordinairement expressif. Le scénario qui se développe en spirale est parfaitement cohérent avec le visuel et le propos. C’est un film brillant, émouvant et une prouesse technique.

image du film Boy & the World

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Un cégep, la nuit

À la fin du mois de mai, j’ai été bénévole pour le gala des finissants du département d’animation. J’ai pu y voir, en primeur, les films étudiants de cette année. Comme bien d’autres, j’ai eu un coup de cœur pour le magnifique film d’introduction du gala, réalisé par Edith Lebel avec la complicité de Sébastien Lamontagne et d’une bonne partie de l’équipe pédagogique. On y reconnait l’ensemble des lieux que je fréquente au quotidien au CÉGEP du Vieux Montréal : les halls, le café l’Exode, l’ascenseur et les salles de classe.

Les vieux

Dernier travail d’animation de la session sur un thème imposé : Ragoût visite les vieux. 128 dessins sur 4 niveaux, pour 260 images. Ce sera probablement notre dernière animation sur papier. À l’automne, on arrive au XXIe siècle et on passe au numérique.

Expressions et mesure

La première présentation du scénarimage de mon démo, devant un groupe, a été un flop. Dan, le prof, m’avait dit d’accentuer les expressions du personnage; j’étais trop dans la subtilité. Je suis aller trop loin, faut croire. Et tout le groupe a rigolé pendant toute la présentation alors que l’histoire n’est pas censée être drôle… Apprentissage à la dure.

De retour à la table à dessin, j’ai retravaillé toutes les expressions du film. En voici quelques-unes. Rassurez-moi, dites-moi que ces dessins ne vous font par rire.
dessin de personnage Lire la suite