Comment dessiner les oiseaux

La section californienne d’Audubon a récemment mis en ligne un cours du biologiste John Muir Laws sur le dessin d’oiseaux. Depuis le début de la pandémie, l’offre de formations en ligne a explosé. Mais il n’est pas donné à tout le monde de savoir enseigner devant une Webcam ; peu de ces cours se révèlent pertinents. Je n’avais donc pas beaucoup d’attentes avant de commencer ce cours d’Audubon. Et j’ai été impressionné par le dynamisme de ce professeur. Son enseignement est clair et bien structuré. L’équilibre entre théorie et pratique est parfait. Voici le premier cours de la série (durée : environ 2 h)

Apprendre à porter attention

L’être humain a poursuivi son évolution pendant des milliers d’années grâce à sa capacité à focaliser son attention sur ce qui a un lien direct avec sa survie : dangers, prédateurs, nourritures. Les autres stimulus, qui sont nombreux en nature, sont perçus puis immédiatement oubliés. C’est ce qui rend difficile le dessin des oiseaux (qui ne sont généralement ni menaçants, ni alléchants). Après avoir observé un oiseau quelques secondes, on se penche pour dessiner et l’image de l’oiseau s’est déjà volatilisé de notre esprit.

Pour entraîner cette attention et améliorer notre mémoire visuelle, John Muir Laws propose plusieurs stratégies : faire appel aux sensations tactiles et imaginer que l’on caresse le dessus de l’oiseau pour en déterminer le contour, en mimant le geste. Cette ligne du dos de l’oiseau est l’une des plus importantes puisqu’elle détermine la posture et l’attitude. Pour ancrer davantage cette perception, il propose de la verbaliser tout en faisant le geste :
« Rondeur, descente abrupte, petite pointe, ligne droite, etc. ». De cette façon, au moment de commencer le dessin, la perception sera solidement ancrée dans notre esprit. Une fois la ligne du dos tracée, John Muir Laws recommande de se poser des questions pour déterminer les proportions de la tête et du corps, l’angle du bec (qui déterminera la position des yeux), et l’angle des pattes qui émergent du plumage. Et ça fonctionne !  J’en suis au troisième et dernier cours qui sera diffusé demain. J’ai déposé sur cette page les meilleurs dessins réalisés avec cette méthode.

 

Le bonheur des oiseaux

En ce temps troublé, dans nos vies confinées, reste le plaisir d’observer les oiseaux, de nos fenêtres ou de nos balcons.

Les vents des derniers jours ont été favorables aux oiseaux migrateurs. Très tôt ce matin, une grive des bois de passage, Hylocichla mustelina, chantait dans la ruelle, derrière chez moi. Cette espèce est en déclin, possiblement à cause de la déforestation, au Québec comme dans ses quartiers d’hiver, en Amérique centrale.


Le chant de la grive des bois se compose de phrases musicales de cinq ou six notes et se termine en trille doux. Je l’associe aux premières lueurs de l’aube et aux mystères de la forêt. (Audio © Lang Elliott, Bob McGuire, Kevin Colver, Martyn Stewart, Audubon.org.)

Les jours d’été ne seraient pas les mêmes sans la gaieté et le vol ondoyant du chardonneret jaune, qui porte très mal son nom scientifique, Spinus tristis. Il chante souvent en volant, modulant son phrasé au rythme de ses ondulations. Dans la plupart des régions, les chardonnerets nichent tard en saison, en juillet et en août, au moment où les graines dont ils se nourrissent sont les plus abondantes : asclépiade, aster, tournesol, chardon, etc.


4 mouvements pour soulager une tendinite à l’épaule

Comme bien des gens, dans le contexte de la pandémie, j’ai dû m’installer un bureau de fortune pour travailler de chez moi. J’ai la chance d’avoir un ordinateur performant, mais mon bureau sans fenêtre n’est pas optimal. Les premiers temps, j’ai travaillé sur une chaise de bois qui appartenait à mon grand-père. Cette chaise n’était pas assez haute. Et à force de dessiner dans une mauvaise position, j’ai commencé à ressentir des douleurs dans l’épaule. La tendinite est une inflammation du tendon, le tissu qui relie le muscle à l’os. Elle peut être causée par un traumatisme ou par un mouvement répétitif  (dans ce cas-ci, le dessin). Je cours depuis une vingtaine d’années et j’ai expérimenté quelques tendinites et leurs lents rétablissements. Mon expérience avec les tendinites m’a appris que si le repos est essentiel, il est important de ne pas cesser de bouger. Les exercices d’assouplissement et de renforcement permettent de diminuer la douleur et de favoriser le rétablissement. Mais il faut se montrer très patient, aller trop vite risque de relancer l’inflammation et de retarder la guérison. Il faut donc s’armer de douceur et pousser les mouvements sans jamais atteindre la douleur.

Voici quatre mouvements qui participent à mon rétablissement :

Note : Je ne suis pas physiothérapeute, j’ai simplement illustré des exercices qui m’ont personnellement aidé. Ces mouvements ne remplacent pas un avis ou un traitement médical. J’ai trouvé cette série d’exercices sur la chaîne Youtube du Dr Jo, une physiothérapeute américaine. Je les fais régulièrement depuis quelques semaines.

premier exercice

J’ai trouvé une chaise qui s’ajuste en hauteur. Je prends souvent des pauses. La douleur s’amenuise, lentement, mais elle revient si je ne fais pas attention. Je dois persévérer.

Pour aller plus loin : Draw stronger, Kriota Willberg, Uncivilized Books, 2018, un ouvrage écrit spécifiquement pour les dessinateurs. (Disponible à la BAnQ, Quand elle réouvrira.)

Les tigres d’Ahn Soo-Gil

En cherchant la panthère, j’ai découvert Le lion de Jacob, mais également les tigres d’Ahn Soo-Gil (안수길), un dessinateur de manhwa sud-coréen au talent remarquable. Ahn Soo-Gil a consacré l’essentiel de sa carrière à représenter cet animal emblématique de la culture coréenne. Avec détermination, il a étudié les spécimens des zoos et consulté les spécialistes de l’espèce. Ces illustrations, stupéfiantes, allient une finesse dans le détail à une force dans la représentation du mouvement. Ces tigres sont vivants !

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L’histoire d’un tournesol, deuxième partie

Voici la suite de L’histoire d’un tournesol, un travail d’observation réalisé à l’Institut de technologie Agroalimentaire de Saint-Hyacinthe.

Les cotylédons apparaissent avant les vraies feuilles. Ils sont charnus et lisses comme les feuilles d’une plante succulente. les vraies feuilles sont opposées, décussées et pubescentes. Elles ont une forme lancéolée avec des nervures symétriques. À maturité, le plant observé comptera 7 paires de vraies feuilles.

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L’histoire d’un tournesol

Originaire des Amériques où il était cultivé par plusieurs nations autochtones, le tournesol est devenu l’une des plus importantes plantes oléagineuses du monde. Son nom botanique, Helianthus annuus, évoque son affinité pour le soleil (Helios : soleil, anthos : fleur) et la durée de son cycle de vie : une année.

La graine de tournesol en dormance est contenue dans un petit fruit sec et dur, l’akène, dont les parois internes sont lisses et nacrées. Pendant la dormance, toute activité métabolique est suspendue.
tournesol jour 0
La graine d’un gris verdâtre est charnue et lustrée. Elle est constituée de deux cotylédons, les feuilles primordiales. Ces cotylédons contiennent les réserves qui serviront à l’embryon lors de la germination. On devine déjà la pointe de la radicule.
tournesol jour 0 (2)
Dès que l’humidité pénètre à l’intérieur de l’akène par capillarité, le processus de germination se déclenche. Un interstice s’élargit au sommet de l’akène et l’extrémité de la radicule apparaît, dès le deuxième jour. Elle s’étire, suivie de l’hypocotyle, puis se couvre de poils fins qui capturent les gouttelettes d’eau.
Tournesol jour 2
L’akène se fend de plus en plus et laisse apparaître des cotylédons d’abord très pâles, qui verdissent rapidement. La radicule fuit la lumière et obéit à la gravité. Elle entre donc dans la terre. Le déploiement des racines dans le sol sera guidé par la présence d’humidité. À l’inverse des racines, la nouvelle tige se dirige vers la lumière.
Tournesol jour 7

Après une semaine, les jeunes pousses peuvent être consommées. Plus nutritives et plus digestes que les graines, les pousses de tournesol seraient une bonne source de vitamines (E, complexe B) et de minéraux (fer, manganèse, cuivre, zinc).

Pour voir le spectacle de la fleur, lisez la suite de l’article ici.