Retour au film

Le retour au travail est un choc pour le corps. À l’adaptation aux nouvelles tâches et aux quarante heures s’ajoute la technologie qui fait des siennes. Ma débrouillardise est régulièrement poussée à ses limites. Mais jour après jour, j’y arrive. Et malgré la confusion des six derniers mois, j’ai su garder le cap. Je profite en ce moment des avantages du télétravail. Après la fête du travail, je retourne au bureau avec une certaine inquiétude.

Chaque matin depuis le début du confinement, je traverse au parc La Fontaine. J’y ai repris la course. Et les jours de repos, je viens m’y asseoir avec un café pour dessiner avant le début de la journée de travail. Ce rituel est essentiel à ma santé mentale. Dans la pente laissée en friche près de l’étang, le bruissement des grillons a remplacé le grelot des crapauds. Ce son me fait du bien. Il dit qu’à la fin, quand les hommes auront été au bout de leur saccage du monde, la vie sera toujours là. La vigne vierge et la vigne des rivages s’y emmêlent aux verges d’or et aux chardons. Je crois y apercevoir un aulne et un rosier sauvage ainsi qu’une myriade de plantes que mon ignorance laisse dans le noir.

Après avoir arrêté les cours à la fin mars, j’ai pris quatre mois de recul, un temps où je me suis concentré sur la préparation de mon portfolio et la recherche d’emploi. Des démarches qui se sont révélées fructueuses. Même si mon temps est désormais limité, l’envie de terminer le projet de film n’est pas complètement éteinte. Et en revoyant ce premier plan, presque terminé, je retrouve l’envie de m’y replonger.

Pour cette scène, il me reste à ajouter des ombres pour modeler la panthère. Peut-être ajuster la taille des grains de poussière. Des détails que je garde pour la fin. Je dépose cette scène ici comme un souhait. Celui de terminer ce film. Et peut-être un jour, qui sait, de le voir projeter sur un grand écran.

Axonométrie

On avait fait ce dessin en première année. La perspective axonométrique lui donne un aspect un peu rigide qui me rappelle les jeux vidéo. J’ai utilisé les derniers jours de ma licence « étudiant/covid-19 » Photoshop pour colorer la scène. Pour la suite, j’hésitais entre l’abonnement étudiant assez dispendieux d’Adobe et d’autres solutions moins chères. J’ai déjà Clip Studio Paint (aka Manga Studio) qui a l’immense avantage du dessin en vectoriel, mais il est difficile d’approche quand on a l’habitude de Photoshop. Et côté couleur, Clip Studio Paint ne me paraît pas à la hauteur. On m’a parlé d’Affinity Photo, ça a l’air bien. Peut-être que je devrais combiner les deux. C’est ce que je me demandais jusqu’à ce que je reçoive cette nouvelle…
jourQuelques semaines plus tôt, j’avais postulé pour un poste d’artiste layout dans un grand studio de Montréal. N’ayant pas eu de réponse, j’en avais fait mon deuil. Quand, un matin, je reçois un courriel d’une technicienne en ressources humaines dudit studio. Mon portfolio leur a plu et après une brève entrevue, ils m’offrent un poste à temps plein permanent. En raison de la pandémie et pour des raisons de confidentialité, je devrai travailler de la maison sur un ordi leur appartenant. Celui-ci me sera livré bientôt, avec toutes les licences dont je pourrais avoir besoin. Je serai payé pour dessiner! J’ai encore du mal à le croire. Nuit

Retour au Contentin

lay-outAfin de mettre en pratique ce que j’ai appris dans l’atelier de Nathan Fowkes, j’ai retrouvé un dessin réalisé pour le premier cours de décor. J’ai d’abord appliqué les couleurs locales en soulignant les volumes avec un éclairage diffus. Puis, j’ai modifié cette première image pour en créer une version nocturne. J’ai ajouté quelques personnages (dans le style Tonko House) pour habiter la scène et créer des touches de lumière supplémentaires. La dernière version est éclairée par le soleil du petit matin. Le tout m’a pris pas mal de temps ; j’avais du mal à me brancher sur les couleurs de chaque élément. J’imagine que l’assurance viendra avec l’expérience.Retour au Contentin, jourRetour au Contentin, nuit

Au petit matin

Atmosphères

J’ai réalisé ces dessins dans le cadre du Color and Light Workout de Nathan Fowkes sur Schoolism. Tenter de suivre Nathan Fowkes pendant qu’il s’exécute m’a fait réaliser que j’avais grand besoin d’une mise à niveau Photoshop (et d’entraînement) ! Cet atelier m’a permis de gagner en rapidité. J’y ai appris à mieux utiliser les calques de réglages pour obtenir un résultat naturel. Le lay-out qui a servi de base à cet exercice a été dessiné par Bari Greenberg, pour le film Prince of Egypt (1998). Les couleurs originales, reproduites dans le premier croquis, sont de Ron Lukas. Chaque croquis a été fait en 40 minutes ou moins.

Des nouvelles de l’intérieur

J’ai appris la fermeture du Cégep en jetant un œil à mon téléphone. J’ai reçu la nouvelle avec un immense soulagement. La semaine de relâche était sur le point de commencer, mais je sentais bien qu’une semaine n’allait pas suffire. J’étais épuisé. Début mars, j’avais du mal à trouver le sommeil et il y avait des moments où je perdais complètement le fil de ce que racontait le prof à l’avant de la classe. La fatigue s’accumulait depuis longtemps. Les quelques soirs où je travaillais comme serveur était devenus des épreuves insurmontables. J’avais laissé tomber la course, puis le peu de vie sociale qui me restait. Je suis doté d’une très grande capacité d’adaptation, mais au cours des dernières années, j’ai poussé cette faculté jusqu’à ses dernières limites. Lire la suite

MMXX

Ce blogue entre aujourd’hui en hibernation. Il sera silencieux jusqu’au retour du printemps. Au cours des prochains mois, je consacrerai toutes mes énergies à la production de mon premier film d’animation, Solstice, ainsi qu’à la préparation de mon portfolio. La première du film aura lieu le 20 mai 2020, à la Maison Théâtre, à Montréal. Je retourne au travail ! À bientôt.

II

Si vous souhaitez être avisé du retour des publications, laissez un commentaire sous cet article. (si vous lisez ceci sur la page d’accueil, cliquez d’abord sur le titre du billet pour accéder aux commentaires au bas de la page.)

La souplesse de la panthère

Pour animer, il faut exagérer. Mais je réalise que tout est une question de mesure. J’ai dessiné les premiers mouvements de ma panthère comme si elle était parfaitement souple. Ça ne fonctionnait pas. Le résultat évoquait davantage un serpent qu’une panthère, je dois ajouter quelques raideurs à la base de la queue, dans le bassin et les épaules. Pour trouver le bon dosage, rien de mieux que les références ! (Je me suis même filmé à quatre pattes, mais je ne vais pas publier ça…)

panthere nageant sous l'eauLa souplesse est contrebalancée par la force et la solidité. Lire la suite

L’esprit du lieu

J’aime fignoler. L’idée d’accélérer le processus à l’étape de la production de mon démo ne me dit rien qui vaille. Pour le moment, j’ai mis de côté l’animation (zéro papier) et je me concentre sur les décors…

Dessin construit en vectoriel, dans Harmony. Oublié le bois tourné, je me suis basé sur les meubles d’enfants créés par Marcel Gascoin pendant la période de la reconstruction d’après-guerre. Mais le résultat est trop droit, ça manque de vie.

Motif de la tapisserie qui ornera le haut des murs de la chambre, chêne rouge (Quercus rubra).

Dernière version. J’ai gauchi les meubles et ajouté textures et lumières dans Photoshop. J’ai utilisé des textures que j’ai faites à l’aquarelle. C’est la partie que je préfère (et j’y passe trop de temps). J’ai tenté d’utiliser la méthode efficace d’un illustrateur de grands talents, Marcin Jakubowski. Ce décor sera utilisé dans les scènes 03 et 05.