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lay-outAfin de mettre en pratique ce que j’ai appris dans l’atelier de Nathan Fowkes, j’ai retrouvé un dessin réalisé pour le premier cours de décor. J’ai d’abord appliqué les couleurs locales en soulignant les volumes avec un éclairage diffus. Puis, j’ai modifié cette première image pour en créer une version nocturne. J’ai ajouté quelques personnages (dans le style Tonko House) pour habiter la scène et créer des touches de lumière supplémentaires. La dernière version est éclairée par le soleil du petit matin. Le tout m’a pris pas mal de temps ; j’avais du mal à me brancher sur les couleurs de chaque élément. J’imagine que l’assurance viendra avec l’expérience.Retour au Contentin, jourRetour au Contentin, nuit

Au petit matin

Atmosphères

J’ai réalisé ces dessins dans le cadre du Color and Light Workout de Nathan Fowkes sur Schoolism. Tenter de suivre Nathan Fowkes pendant qu’il s’exécute m’a fait réaliser que j’avais grand besoin d’une mise à niveau Photoshop (et d’entraînement) ! Cet atelier m’a permis de gagner en rapidité. J’y ai appris à mieux utiliser les calques de réglages pour obtenir un résultat naturel. Le lay-out qui a servi de base à cet exercice a été dessiné par Bari Greenberg, pour le film Prince of Egypt (1998). Les couleurs originales, reproduites dans le premier croquis, sont de Ron Lukas. Chaque croquis a été fait en 40 minutes ou moins.

Comment dessiner les oiseaux

La section californienne d’Audubon a récemment mis en ligne un cours du biologiste John Muir Laws sur le dessin d’oiseaux. Depuis le début de la pandémie, l’offre de formations en ligne a explosé. Mais il n’est pas donné à tout le monde de savoir enseigner devant une Webcam ; peu de ces cours se révèlent pertinents. Je n’avais donc pas beaucoup d’attentes avant de commencer ce cours d’Audubon. Et j’ai été impressionné par le dynamisme de ce professeur. Son enseignement est clair et bien structuré. L’équilibre entre théorie et pratique est parfait. Voici le premier cours de la série (durée : environ 2 h)

Apprendre à porter attention

L’être humain a poursuivi son évolution pendant des milliers d’années grâce à sa capacité à focaliser son attention sur ce qui a un lien direct avec sa survie : dangers, prédateurs, nourritures. Les autres stimulus, qui sont nombreux en nature, sont perçus puis immédiatement oubliés. C’est ce qui rend difficile le dessin des oiseaux (qui ne sont généralement ni menaçants, ni alléchants). Après avoir observé un oiseau quelques secondes, on se penche pour dessiner et l’image de l’oiseau s’est déjà volatilisé de notre esprit.

Pour entraîner cette attention et améliorer notre mémoire visuelle, John Muir Laws propose plusieurs stratégies : faire appel aux sensations tactiles et imaginer que l’on caresse le dessus de l’oiseau pour en déterminer le contour, en mimant le geste. Cette ligne du dos de l’oiseau est l’une des plus importantes puisqu’elle détermine la posture et l’attitude. Pour ancrer davantage cette perception, il propose de la verbaliser tout en faisant le geste :
« Rondeur, descente abrupte, petite pointe, ligne droite, etc. ». De cette façon, au moment de commencer le dessin, la perception sera solidement ancrée dans notre esprit. Une fois la ligne du dos tracée, John Muir Laws recommande de se poser des questions pour déterminer les proportions de la tête et du corps, l’angle du bec (qui déterminera la position des yeux), et l’angle des pattes qui émergent du plumage. Et ça fonctionne !  J’en suis au troisième et dernier cours qui sera diffusé demain. J’ai déposé sur cette page les meilleurs dessins réalisés avec cette méthode.

 

Le bonheur des oiseaux

En ce temps troublé, dans nos vies confinées, reste le plaisir d’observer les oiseaux, de nos fenêtres ou de nos balcons.

Les vents des derniers jours ont été favorables aux oiseaux migrateurs. Très tôt ce matin, une grive des bois de passage, Hylocichla mustelina, chantait dans la ruelle, derrière chez moi. Cette espèce est en déclin, possiblement à cause de la déforestation, au Québec comme dans ses quartiers d’hiver, en Amérique centrale.


Le chant de la grive des bois se compose de phrases musicales de cinq ou six notes et se termine en trille doux. Je l’associe aux premières lueurs de l’aube et aux mystères de la forêt. (Audio © Lang Elliott, Bob McGuire, Kevin Colver, Martyn Stewart, Audubon.org.)

Les jours d’été ne seraient pas les mêmes sans la gaieté et le vol ondoyant du chardonneret jaune, qui porte très mal son nom scientifique, Spinus tristis. Il chante souvent en volant, modulant son phrasé au rythme de ses ondulations. Dans la plupart des régions, les chardonnerets nichent tard en saison, en juillet et en août, au moment où les graines dont ils se nourrissent sont les plus abondantes : asclépiade, aster, tournesol, chardon, etc.


Nostalgie

C’est souvent lorsque l’on perd quelque chose qu’on en découvre toute la valeur. Je m’ennuie de ce quotidien des trois dernières années. En voici un souvenir. Le défi proposé pour ce projet était d’illustrer la journée d’un étudiant du Cégep du Vieux Montréal, dans le style des vitraux du Moyen Âge. En colorant ce dessin, j’ai tenté sans grands succès d’évoquer la transparence du verre. Je ne suis pas satisfait du résultat. Si vous avez des idées pour y parvenir, faites-le moi savoir dans les commentaires !

vitrail

4 mouvements pour soulager une tendinite à l’épaule

Comme bien des gens, dans le contexte de la pandémie, j’ai dû m’installer un bureau de fortune pour travailler de chez moi. J’ai la chance d’avoir un ordinateur performant, mais mon bureau sans fenêtre n’est pas optimal. Les premiers temps, j’ai travaillé sur une chaise de bois qui appartenait à mon grand-père. Cette chaise n’était pas assez haute. Et à force de dessiner dans une mauvaise position, j’ai commencé à ressentir des douleurs dans l’épaule. La tendinite est une inflammation du tendon, le tissu qui relie le muscle à l’os. Elle peut être causée par un traumatisme ou par un mouvement répétitif  (dans ce cas-ci, le dessin). Je cours depuis une vingtaine d’années et j’ai expérimenté quelques tendinites et leurs lents rétablissements. Mon expérience avec les tendinites m’a appris que si le repos est essentiel, il est important de ne pas cesser de bouger. Les exercices d’assouplissement et de renforcement permettent de diminuer la douleur et de favoriser le rétablissement. Mais il faut se montrer très patient, aller trop vite risque de relancer l’inflammation et de retarder la guérison. Il faut donc s’armer de douceur et pousser les mouvements sans jamais atteindre la douleur.

Voici quatre mouvements qui participent à mon rétablissement :

Note : Je ne suis pas physiothérapeute, j’ai simplement illustré des exercices qui m’ont personnellement aidé. Ces mouvements ne remplacent pas un avis ou un traitement médical. J’ai trouvé cette série d’exercices sur la chaîne Youtube du Dr Jo, une physiothérapeute américaine. Je les fais régulièrement depuis quelques semaines.

premier exercice

J’ai trouvé une chaise qui s’ajuste en hauteur. Je prends souvent des pauses. La douleur s’amenuise, lentement, mais elle revient si je ne fais pas attention. Je dois persévérer.

Pour aller plus loin : Draw stronger, Kriota Willberg, Uncivilized Books, 2018, un ouvrage écrit spécifiquement pour les dessinateurs. (Disponible à la BAnQ, Quand elle réouvrira.)

Note à moi-même · Équanimité

Un fermier vivait seul avec son fils tout au bout du rang. Le travail au champs était dur. Un printemps, le vieil homme rassembla ses économies pour acheter un cheval. Le voisin l’aperçut et, appuyé sur la clôture, interpella le fermier : « Bel animal, dit-il, je vous en offre un bon prix si vous voulez me le vendre. » « J’ai vraiment besoin de ce cheval, répondit le vieil homme en souriant, il n’est pas à vendre. » La saison avançait et le cheval se révéla très utile. Mais un jour, il disparut. « Quelle malchance, dit le voisin, votre cheval a été volé. Vous auriez mieux fait de me le vendre. » – « Si c’est une chance ou une malchance, répondit le vieil homme, je ne peux pas en juger. Tout ce que je sais c’est que mon cheval n’est plus dans l’écurie. »

Standing Horse and Reclining Peasant
Jan van Aken, 1614-1661, Detroit Institute of Arts

Quelques jours plus tard, le cheval revint, accompagné de cinq chevaux sauvages. Le voisin les observa avec envie : « Vous en avez de la chance! Ces bêtes sont magnifiques. » Le fermier haussa les épaules : « Comment savoir si c’est une chance ou une malchance, nous ne connaissons pas l’avenir. » Dans les jours suivants, le fils du fermier entreprit de dresser les chevaux. Mais l’un d’eux le fit tomber et il se cassa la jambe. « Quel malheur, dit le voisin, votre fils ne pourra plus vous aider au champ. » Mais le fermier demeurait circonspect :  « Mon fils a perdu l’usage de sa jambe. C’est un fait. Qui peut dire ce qui en découlera ? » À la fin de l’été, une guerre fut déclarée et tous les jeunes hommes de la région furent conscrits et partirent au combat, sauf le fils du fermier qui avait la jambe cassée. Le vieil homme était heureux de garder son fils auprès de lui. Était-ce une chance ou une malchance, il préférait ne pas trancher.

J’aime me rappeler cette histoire, racontée par le moine bouddhiste Thich Nhat Hanh. J’ai tendance à m’emballer facilement devant les événements, même lorsque je n’ai aucune prise sur eux. Je me retrouve alors ballotté d’un côté et de l’autre, au risque de perdre le cap que je m’étais donné. Travailler dans cette période d’incertitudes n’est pas facile. J’ai glané ces conseils sur la Toile. Je les dépose ici pour ne pas les oublier :

  • Avoir une vision globale, me rappeler mon objectif, la raison qui me pousse à continuer.
  • Me concentrer sur une tâche à la fois et lui accorder toute mon attention. Choisir cette tâche en fonction de mon intérêt et de mon énergie du moment. (Parfois, commencer par le dessert est la meilleure option.)
  • Comme le fermier du conte, ne pas présager de l’avenir puisque celui-ci restera toujours hors de ma portée. (C’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens.)

Motif

Je suis ambivalent par rapport à cette crise que nous traversons. Comme tout le monde, je suis inquiet pour la santé de mes proches et je me demande ce qu’il adviendra de mon avenir professionnel dans un contexte de crise économique. Je me suis endetté pour acheter une tablette et un ordinateur doté d’une bonne carte graphique. Je dois commencer les paiements alors que je me retrouve du jour au lendemain sans revenus. Mais je ne peux m’empêcher de me réjouir du calme de mon quartier, des étoiles qui apparaissent maintenant quand le jour tombe, de la pollution qui diminue. À quelque choses malheur est bon. Une partie de moi s’impatiente, je veux savoir ce qui s’en vient, planifier. Et en même temps, je voudrais que cette période où le temps est suspendu ne se termine jamais. Je passe mes journée à dessiner, par plaisir. Je dois même me mettre des limites. À trop passer de temps sur la tablette, je suis en train de développer une tendinite à l’épaule…

motif
1er essai de motif, trois plantes indigènes du Québec : Anemone canadensis, Fragaria virginiana et Aquilegia canadensis

Fasciné par les œuvres de William Morris, j’ai passé la journée à travailler sur ce motif. J’ajouterai une couche d’entrelacs derrière les plantes. J’en suis à me demander comment organiser ma vie pour en libérer la plus grande partie pour les projets dont j’ai réellement envie.